« Je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous ». Ce sont les derniers mots du jeune Guy Môquet, mort le 22 Octobre 1941, fusillé par les Allemands, à 17 ans, aux cotés de 26 camarades, tous communistes.
Guy est né en 1924. Il a assisté à la victoire du front populaire en 1936, et n’a qu’une seul idole, son père, Prosper Môquet, cheminot et député communiste du 17ème arrondissement. Il l’accompagne aux meetings, et rejoint la Jeunesse Communiste en 1938. Mais, en Août 1939, le Parti Communiste est interdit et dissous par le gouvernement Daladier. Prosper Môquet sera arrêté et envoyé en Algérie le 10 Octobre 1939. Si cela aurait du calmé ses ardeurs militantes, c’est l’effet inverse qui se produit. Rapidement, Guy devient responsable de la JC du 17ème arrondissement. Il quitte alors sa mère et son frère pour, dit-il « […] Suivre la voie que tu m’as tracée », dans une lettre destiné à son père,. La Résistance contre les nazis s’organise : Diffusions de tracts, collages, tags appelant à la libération des prisonniers… Guy et ses camarades ne chôme pas. Dans de nombreux courriers adressés au président de l’assemblée, Edouard Herriot, il écrira, entre autre : « Je suis jeune et français, et j’aime ma patrie. J'ai un cœur de français, qui demande et supplie qu’on lui rende son père, lui qui à combattu pour notre belle France, avec tant de vertu […] Agissez en bon père, agissez en Français.
Les choses tournent mal le 13 Octobre 1940. Guy est arrêté à la gare de l’Est. D’abord interné à la Santé puis à Fresnes, il est théoriquement acquitté en janvier 1941, faute de preuve démontrant qu’il appartient à la Jeunesse Communiste. Maintenu en détention, à Clairvaux puis enfin au camp français de Châteaubriant, Guy résistera à la torture, ses bourreaux tentant de le forcer à avouer les noms des amis de son père. N’avouant rien, il lâchera même : « Ce sont les braves gens qui l’ont élu en 1936 ». Au camp, il s’éprend d’Odette, une jeune fille de 17 ans.
Mais, le 20 Octobre 1941, à Nantes, un officier allemand, Karl Hotz, est abattu par les Brigades de Jeunesses. Le général Stülpnagel ordonne alors de fusiller 60 otages. Pierre Pucheu, ministre de l’intérieur de Pétain, conseil que soient abattu des communistes, plutôt que des « bons français ». 27 sont choisis à Châteaubriant, et Guy en fait parti. Par sa désignation, le ministre Pucheu tente alors de terroriser la Jeunesse, lui montrer que l’âge ne la protégera pas de la barbarie.
Le 22 Octobre au matin, les 27 sont réunis dans la baraque 6 et Guy écrira ses dernières pensées dans 2 lettres, une adressé à Odette, et l’autre, qui entrera à jamais dans l’histoire, adressé à sa famille. Il gravera aussi ces quelques mots sur une planche de la baraque : « Vous qui restez, soyez dignes de nous les 27 qui allons mourir ».
Sur la route les menant à la mort, Guy et ses 26 camarades chanteront la Marseillaise, et l’International. Et c’est en hurlant « Vive la France, vive le Parti Communistes » que Guy s’écroulera sous les balles à 16h. Il restera célèbre pour avoir été le plus jeune otage fusillé par les nazis.

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